Tu sais que je n'ai pas pensé que tu pouvais être blessée de la même manière que je le suis maintenant. Je n'avais entendu que des bribes de ce qui s'était passé cette nuit-là, lorsque je n'étais pas là. Dès les jours qui ont suivi, j'étais sur un nuage, dans un autre monde, et je ne peux même pas dire que je suis certaine que tu l'aies su. Parce que je ne sais pas si nos rapports étaient toujours aussi froids ou pas. Toujours est-il que je n'ai pas su. Je n'ai pas vu. Je n'ai donc pas compris dans quel état tu étais. Avec du recul, et du temps, tu m'en as parlé, et tu sais que je ne m'en doutais pas du tout. Mais qu'est-ce que je te comprends.. Oh, mais regarde, regarde tout ça, regarde cet été, regarde tous ces mots, toutes choses qui se sont passées, toutes ces promesses.. pourquoi tout finit comme ça? Je sais que tu as souffert, simplement je ne sais pas à quel point. Et je m'en veux. Tu ne le sais peut-être pas. J'ai honte de moi, de mon égocentrisme à cette période. En fait, une seule personne me suffisait, et je crois que rien autour n'avait plus d'importance. Pas même les gens.. Ce n'est qu'à présent que je me rends compte de tout ça. Tu sais, je me dis qu'au fond, tout cela n'aura rien apporté à personne. Rien de bon à long terme, je veux dire. Dis-moi que ce n'est qu'un cauchemar. Que rien ne s'est jamais passé. Qu'on va se réveiller. Dis-moi que je n'ai pas changé. Que j'ai toujours un arc-en-ciel à la place du cerveau. Dis-moi que le temps n'a pas avancé. Que tu n'as pas eu mal. Que moi non plus. Dis-moi que j'écris toujours des textes de toutes les couleurs, avec des sourires, des signes de bonheur. Dis-moi que tout n'est pas fini.